Titre : Le wwoofing et l'accueil des stagiaires sur la ferme                      Première publication : janvier 2013       Dernière modification : janvier 2015     http://www.lafermedescolibris.net  

Le wwoofing

Depuis  janvier 2010, je suis devenu hôte wwoof. L'objectif est de rencontrer des gens de l'étrangers pour partager mon expérience.
Concrêtement, j'accueille des voyageurs qui veulent s'immerger dans l'agriculture biologique en proposant leur aide pour les travaux des champs en échange de l'hébergement.

Les objectifs du wwoofing sont de :
- permettre à des non-initiés d'avoir une première expérience dans le domaine de l'agriculture biologique et de l'éco construction.
- donner la possibilité aux citadins de vivre et d'aider au sein d'une ferme biologique
- découvrir des façons de vivre alternatives
- établir des contacts avec d'autres personnes du mouvement bio et écologique
- étendre la communication au sein du mouvement de l'agriculture biologique
- établir des liens durables entre les citadins et les ruraux
- faciliter l'échange culturel entre des personnes de différentes nationalités ou de différentes régions


Récit de l'accueil de mes premiers wwoofers  Alan and Paula who came from United States.

Alan and Paula Wright sont arrivés le lundi 10 mai 2010 à la ferme des colibris. Ils sont repartis le jeudi 13 mai. Ils sont venus jusqu'à chez moi car ils ont vu que je projettais d'aller visiter les Amish aux Etats Unis pour progresser en traction animale agricole. Et il se trouve qu'ils habitent exactement là où les amishs vivent en nombre, entre New York et Washington. Ils devraient être ma base arrière quand j'irais là bas (si les avions volent encore !).
Pendant trois jours, j'ai fait des efforts pour parler anglais. Je me débrouille pas trop mal. Les sujets de conversations ont beaucoup tourné autour des activités de la ferme, des amaps aux USA (les CSA), des attentats du 11 septembre 2001 et bien sur de la jeune femme célibataire que je devais rencontrer sur Bordeaux le week end suivant. Les conversations étaient vraiment intéressantes. Nous étions vraiment sur la même longueur d'onde sur beaucoup de sujets. La ferme des colibris les impressionne. Grâce à leur présence, j'ai pu faire une première : monter Sirius (un des poneys Fjord de la ferme) pour aller jusqu'à St Brévin. Suite à cette expérience accompagnée, j'ai pu me lancer le dimanche suivant seul vers l'océan et j'y suis arrivé ! L'éducation des poneys prend du temps mais les résultats sont là. Quand viendra le moment du buttage des pommes de terres, ou des choux, le tracteur restera à l'écurie !

La suite du récit est agrémentée de photos.

                  

Alan et Paula participent à l'élaboration des repas principalement constitués des légumes produits sur la ferme.

              

Le soir, on a visionné quelques vidéos, sur l'agriculture et aussi les fameux sketchs de Jean Marie Bigard sur la version troublante des attentats de 2001. Ils ont vraiment apprécié. Aux USA, quand on parle des doutes au sujet de la version officielle, on est aussitôt mis de côté sur le plan professionnel. Il y a une vraie chappe de plomb sur cette histoire alors que plus de la moitié des américains pensent que leur gouvernement leur cache des choses particulièrement graves.

      

Et pour couronner le séjour à la ferme des colibris, rien de tel qu'un essai de mon vélomobile. Le couple a même emprunté le tandem Greenspeed pour parcourir 66 km le mercredi soir !
Concernant les travaux agricoles, Alan et paula ont donné un bon coup de main au desherbage des échalottes, ainsi qu'à l'implantation des tomates en plein champ.
Voilà, d'autres photos arriveront dès qu'Alan et Paula seront rentrés chez eux.

J'ai accueilli de nombreux wwoofeurs qui sont venus à la ferme à vélo ! et souvent en vélo couché !
               
Sam est venu en novembre 2010 en vélo couché et accompagné d'Alice une taiwanaise en vélo droit. 

     
Novembre 2012, Erwan est venu depuis Lille en vélo couché et accompagnée d'Amandine qu'il a ramené de l'Ariège.  

            
Mars 2013, Guillaume est venu de vendée avec son Nazca Pioneer. Au menu de sa semaine de wwoofing : traction animale, récolte, implantation d'échalottes, réglage de matériel et de riches discussions autour de la décroissance,  du vélo couché, des progrès à attendre du machinisme agricole pour les petites fermes.

        

En mai 2014, Alpha et Barbara, deux têtes bien remplies (deux thèses à eux deux !) nous rendent visite après un long parcours en wwoofing dans d'autres régions et même pays. Eux aussi sont venus à vélo. Ils sont restés deux semaines dans une période où on ne chaume pas au jardin. Leur séjour a été probablement le plus enrichissant pour moi car ils ont pu me relater ce qu'ils ont vu dans beaucoup d'autres fermes, avec un oeil critique et constructif. Ils m'ont notamment appris à tailler les pommiers à l'australienne puisqu'ils l'ont pratiqué. Le wwoofing peut réellement être un échange ou les wwoofeurs peuvent être les enseignants.

                  

Les activités à la ferme ne manquent pas : travaux dans les champs pour desherber.   Et toujours, on prend bien le temps de manger pour discuter et se reposer !

   

           
En juillet 2010, Barthélémy (Anglais) et Ulrike (Allemande) viennent passer deux semaines à la ferme. On a fêté l'anniversaire d'Ulrike avec ses parents autour d'un bon repas. Je me souviens être aller les chercher chez une productrice voisine avec Sirius attelé au plateau. Commencer un stage wwoofing par une balade à cheval, c'est plutôt cool !

Etant donné qu'il y a aussi des salariés sur la ferme, je reserve plutôt aux wwoofeurs des travaux de structure comme la construction de la cave en paille
            
Printemps été 2011, Grégory est venu pendant six mois à raison de une semaine par mois pour se former au maraîchage. Il a ainsi pu voir trois fermes différentes et disposer de temps pour réfléchir à son propre projet. Il est aujourd'hui installé en mayenne près de Craon. Son expérience montre que l'on peut parfaitement apprendre ce métier sans forcément suivre les cursus classiques de formation et sans s'astreindre à une longue période de salariat.

 
Eté 2011, Oleg est un wwoofeur venu d'Allemagne qui est resté plus de deux mois pour apprendre la langue et aussi la cuisine :-) Pour Oleg, le travail manuel était une totale découverte et il s'est beaucoup donné pour progresser. Il a pu profiter de tous ses après midi pour discuter via skype avec ses grands parents en Russie, ses parents en Angleterre et ses amis en Allemagne. Du français, du russe, de l'allemand et de l'anglais dans la même journée, j'étais impressionné.

       
Mars 2012, Vincent est venu une semaine pour se sortir la tête des bureaux. Il se reconvertit dans la plomberie. Les chevaux sont très curieux et n'hésite pas à mettre leur tête dans la caravane des wwoofeurs !

           
Juillet 2011, Camille et Carole quittent la capitale pour passer une semaine à la ferme. Camille qui est ingénieur (Il travaille pour un très gros installateur de ferme photovoltaïque à l'export.) souhaite s'installer un jour pour être plus dans le concrêt. Il a découvert l'usage très physique du Trisoc avec la kassine dans les rangs de poireaux.  On a vraiment passé de bons moments ensembles.

     
Août 2012, Caroline (cadre dans le tertiaire) est venue sur les conseils de Camille et Carole découvrir une semaine à la ferme. Entre les enduits terre et le travail avec les chevaux, elle n'a pas perdu son temps. Elle a un peu tiré la langue en étant derrière la kassine lors du buttage des choux et les choses sont allées beaucoup mieux lorsqu'elle a eu les rènes dans les mains.

   
En juin 2011, Hélène est venue trois semaines à la ferme. Elle s'est particulièrement occupé de l'apprivoisement du cheval Sisal et m'a aidé à travailler avec Sirius (ici sur la photo) et Oslanne.  Comme d'autres wwoofeurs, elle est arrivée à vélo à la ferme.

               
De mi juin à fin août 2013, nous avons accueilli Enriké, un sympathique wwoofeur espagnol. Il nous a fait découvrir le gaspachio, un plat typique de l'Espagne dont je n'avais jamais entendu parlé auparavant et qui consiste à mixer tomate, concombre, poivron, oignons, avec un peu d'huile et de sel et qu'on mange comme une soupe froide. La difficulté d'un tel plat réside dans la préparation des légumes pour qu'il y ait le moins de petits morceaux et que le mélange soit onctueux. Un vrai délice ! Enriké a largement participé aux travaux de récolte, de desherbage et aussi de traction animale. Il a également donné quelques notions d'espagnol à notre fille Eden qui avait tout juste 4 mois sur la photo.

En 2014, mis à part Alpha et Barbara (voir un peu plus haut), nous avons accueilli trois wwoofeurs durant l'été sur des périodes plus ou moins courte.

          
Pierre Yves, une vieille connaissance liée à mon activité militante d'autrefois et Rose, une australienne sont restés deux et trois jours à la ferme pour pratiquer la traction animale. Ils ont été servi.

     
Tristan aura été notre wwoofeur de l'année. Trois semaines en juin (ici en train de biner les passes pied des tomates plein champs) et trois semaines en septembre (à faire une publicité d'enfer auprès des riverains). Comme d'autres, il est venu à vélo depuis Paris via le train. Son objectif était clairement de quitter la région parisienne. C'est un informaticien qui aimerait bien mettre ses compétences au service des petits paysans. Suite à cette immersion dans le pays de Retz, Tristan a pris la seule décision qui s'imposait pour lui, quitter Paris et s'installer à St Brévin. Nul doute que ce wwoofeur fera parti de nos amis locaux.

J'ai été inscrit deux années de suite sur le site de wwoof france (2010 et 2011). J'ai arrêté d'y être répertorié à partir de 2012 mais continue d'accueillir des personnes dans le même esprit. Si un séjour dans mon quotidien de maraîcher vous tente, vous n'avez qu'à m'écrire ou me téléphoner, je vous accueillerais avec plaisir selon mes disponibilités.

Eric Souffleux



Bibliographie et liens pour poursuivre les recherches :

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